Nord-Est de l’Ouganda, deux mille chasseurs nomades, voisins des Karamojong, vivent affamés, depuis que, par décision gouvernementale, leur territoire de chasse est devenu parc national.
Du haut de leurs rochers, ils scrutent, dès l’aube, la région interdite, dans l’espoir de partager avec un vautour sa charogne.
« Ngag », manger devient l’unique préoccupation. Le caractère sacré de leur montagne rive ces hommes à des lieux qu’ils se refusent à abandonner, pour se convertir, sur des terres plus fertiles, en agriculteurs sédentaires. Un territoire est aussi un lieu de vie spirituelle. Les Iks n’ont qu’une obsession : se nourrir coûte que coûte – au besoin en mâchant de la terre ou en avalant des cailloux. Parfois, un rire violent secoue leur corps famélique : le squelette d’un vieillard trébuchant au bord d’un ravin, d’un affamé auquel on ravit, dans la bouche, une parcelle de nourriture, déclenche chez eux une folle gaité.
Le rire des Iks a glacé le Britannique Colin Turnbull qui, durant une année, s’est obligé à regarder l’horrible. Surmontant sa répulsion, il fait le décompte des atrocités minant un peuple, jadis aimable et très organisé, aujourd’hui en survie. Turnbull lui découvre un air de famille : les Iks, condamnés à un individualisme forcené pour survivre dans un monde qui les dépasse, ne sont-ils pas les frères des marginaux au chômage de notre société en crise ?
Biographie de l'auteur
Colin Macmillan Turnbull (23 novembre 1924 - 28 juillet 1994) est un anthropologue britannique naturalisé américain qui a connu un certain succès avec deux de ses livres, Le peuple de la forêt consacré aux Mbutis, peuple pygmée du Zaïre), et Un peuple de fauves, consacré aux Iks d'Ouganda. Il a été l'un des premiers anthropologues à travailler dans le champ de l'ethnomusicologie
Description:
Nord-Est de l’Ouganda, deux mille chasseurs nomades, voisins des Karamojong, vivent affamés, depuis que, par décision gouvernementale, leur territoire de chasse est devenu parc national.
Du haut de leurs rochers, ils scrutent, dès l’aube, la région interdite, dans l’espoir de partager avec un vautour sa charogne.
« Ngag », manger devient l’unique préoccupation. Le caractère sacré de leur montagne rive ces hommes à des lieux qu’ils se refusent à abandonner, pour se convertir, sur des terres plus fertiles, en agriculteurs sédentaires. Un territoire est aussi un lieu de vie spirituelle. Les Iks n’ont qu’une obsession : se nourrir coûte que coûte – au besoin en mâchant de la terre ou en avalant des cailloux. Parfois, un rire violent secoue leur corps famélique : le squelette d’un vieillard trébuchant au bord d’un ravin, d’un affamé auquel on ravit, dans la bouche, une parcelle de nourriture, déclenche chez eux une folle gaité.
Le rire des Iks a glacé le Britannique Colin Turnbull qui, durant une année, s’est obligé à regarder l’horrible. Surmontant sa répulsion, il fait le décompte des atrocités minant un peuple, jadis aimable et très organisé, aujourd’hui en survie. Turnbull lui découvre un air de famille : les Iks, condamnés à un individualisme forcené pour survivre dans un monde qui les dépasse, ne sont-ils pas les frères des marginaux au chômage de notre société en crise ?
Biographie de l'auteur
Colin Macmillan Turnbull (23 novembre 1924 - 28 juillet 1994) est un anthropologue britannique naturalisé américain qui a connu un certain succès avec deux de ses livres, Le peuple de la forêt consacré aux Mbutis, peuple pygmée du Zaïre), et Un peuple de fauves, consacré aux Iks d'Ouganda. Il a été l'un des premiers anthropologues à travailler dans le champ de l'ethnomusicologie