Qui est A. Valérie ? Nul ne le sait apparemment, ou ne veut le dire. Cette signature n’apparut qu’une fois dans Science et Vie. Mais, à la différence de celle de Brémond, qui recouvrait visiblement un amateur, elle dissimule un écrivain pleinement au fait des ressources de son métier.
Aussi certains avancent-ils le nom de Thévenin. Cela se pourrait fort bien, car Sur l’autre face du monde s’insère naturellement à la suite des Chasseurs d’hommes et de L’Ancêtre des Hommes.
Sur l’autre face du monde appartient au thème de la civilisation morte et qui doit revivre. Tout le monde y a sacrifié. Même Claudel avec La Ville. Presque tous montraient les survivants reconstruisant la civilisation disparue, un peu comme les robinsonnades. Mais Jefferies en Angleterre dans After London avait décrit un monde retourné à l’âge des clans. Encore était-ce pour des raisons assez obscures. Jules Verne dans L’Éternel Adam montre les survivants, bien qu’intellectuellement supérieurs, retourner à l’état sauvage, simplement en raison du climat, de la nécessité de vivre d’abord, et perdant le goût et l’envie de perpétuer ou retrouver l'ancienne civilisation.
Chez Valérie, c’est la confrontation, après une ère glaciaire, entre la Civilisation, qui s’est perpétuée dans la ville cachée sous les glaces, et le monde des chasseurs qui ont survécu en affrontant les rigueurs du climat.
Ce qu’un récit d’aventures sur ce thème aurait donné, nous le savons. Un an environ après la publication dans S. et V., un autre illustré Offenstadt nous offrit Futuropolis, écrit et illustré par Pellos. C’était le même point de départ, mais c’est ensuite le déchaînement des robots, le peuple aveugle et visqueux qui hante les cavernes, les combats des bêtes de la jungle et des machines, et le cataclysme final où seul un couple survit.
Rien de tel dans Sur l’Autre Face du monde. C’est d’abord la confrontation entre les deux civilisations vécues à travers le héros que la Ville envoie explorer le Monde. Il rencontre les chasseurs, vit parmi eux, découvre qu’ils possèdent des dons, comme l’art, et des raisons de vivre ignorées des Sages qui régissent la Ville. Puis, le contact étant renoué, le choc va se produire entre les deux civilisations. Les chasseurs refusent de n’être que des abeilles d’une ruche, et les Sages décident que la Ville doit soumettre ces hommes à la règle commune.
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