« Je me suis éloigné tranquillement et, dans mon sillage, le ciel
continuait de se déchaîner, la terre n’en finissait pas de se lézarder,
d’éclater comme un fruit trop mûr. La nuit avait l’air d’un trou béant
qui avalait tout.
Je suis remonté sur ma moto et j’aurais pu jurer que, sous sa roue
arrière, le bitume crevait. Les flammes couraient derrière moi et
embrasaient les vignes, les arbres, les maisons. Pas pour me rattraper
et m’allumer. Plutôt pour m’escorter. La traîne de la mariée, la
dentelle en moins, les cris et la mort en plus. Après moi, le déluge,
comme dirait l’autre. L’autre, en l’occurrence, c’était moi.»
Description:
Je suis remonté sur ma moto et j’aurais pu jurer que, sous sa roue arrière, le bitume crevait. Les flammes couraient derrière moi et embrasaient les vignes, les arbres, les maisons. Pas pour me rattraper et m’allumer. Plutôt pour m’escorter. La traîne de la mariée, la dentelle en moins, les cris et la mort en plus. Après moi, le déluge, comme dirait l’autre. L’autre, en l’occurrence, c’était moi.»