L’affaire de l’exposition sur Camus, prévue à Aix-en-Provence pour le
centième anniversaire de sa naissance en novembre 2013, a fait scandale.
Sollicité pour la concevoir, ce qu’ il fit avec Jean-Baptiste Péretié,
Benjamin Stora fut ensuite brutalement évincé et remplacé par Michel
Onfray, qui accepta puis finit par renoncer.
Au-delà de la polémique, cette affaire est symptomatique et révèle combien les questions soulevées par l’auteur de L’ Étranger
restent extrêmement sensibles et provoquent des tensions toujours
vives. C’est évidemment le cas de la question coloniale et de l’ombre
portée de la guerre d’Algérie dans la société française d’aujourd’hui.
Nombreux sont ceux qui voudraient annexer Camus, le lire de façon
univoque, l’enrôler dans leur combat politique, notamment à l’extrême
droite. Peine perdue, la complexité de cet homme entre deux rives ne
saurait être réduite à une cause ou une identité. Dans ce texte vif et
précis, Benjamin Stora et Jean- Baptiste Péretié dénoncent ces
tentatives de captation multiples. Ils montrent aussi combien la
position de l’écrivain pendant la guerre d’indépendance fait encore
polémique en Algérie. Camus est toujours brûlant.
Description: