Peter Krauss (traducteur)
Marie-Hélène Desort (traductrice)
LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS
De tous les romans d’Eduard von Keyserling, Beate et Mareile est peut-être celui où s’affirment avec le plus d’éclat les trois dimensions de la tragédie impressionniste : l’été, la passion, la transgression sociale. Voici en effet l’histoire de deux amies d’enfance, deux jeunes femmes si proches qu’elles pourraient être sœurs – mais l’une est fille de châtelains, l’autre de régisseurs. Or c’est celle-là, Mareile, que l’on courtise désormais. De passage au domaine, elle bouleverse Günther, le jeune mari de Beate : il s’éprend jusqu’à la suivre à Berlin où leur « mésalliance » fera scandale. Magnifiquement construit autour de la rivalité endémique des deux femmes, ce petit drame trouve dans la lumière et la langueur estivales les ressources d’une subtilité qui fit la réputation de Keyserling. Mais sous les dehors de la légèreté, sous l’admirable « absence de profondeur » dont parle Peter Krauss dans la postface du livre, encore faut-il entendre, discret et menaçant, le glas de cette aristocratie balte que Keyserling, un instant encore, préserve d’une irrévocable agonie.
Description:
Peter Krauss (traducteur) Marie-Hélène Desort (traductrice) LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS De tous les romans d’Eduard von Keyserling, Beate et Mareile est peut-être celui où s’affirment avec le plus d’éclat les trois dimensions de la tragédie impressionniste : l’été, la passion, la transgression sociale. Voici en effet l’histoire de deux amies d’enfance, deux jeunes femmes si proches qu’elles pourraient être sœurs – mais l’une est fille de châtelains, l’autre de régisseurs. Or c’est celle-là, Mareile, que l’on courtise désormais. De passage au domaine, elle bouleverse Günther, le jeune mari de Beate : il s’éprend jusqu’à la suivre à Berlin où leur « mésalliance » fera scandale. Magnifiquement construit autour de la rivalité endémique des deux femmes, ce petit drame trouve dans la lumière et la langueur estivales les ressources d’une subtilité qui fit la réputation de Keyserling. Mais sous les dehors de la légèreté, sous l’admirable « absence de profondeur » dont parle Peter Krauss dans la postface du livre, encore faut-il entendre, discret et menaçant, le glas de cette aristocratie balte que Keyserling, un instant encore, préserve d’une irrévocable agonie.