Appelez-moi un
exorciste, de Jérome Bixby (n° 560, série Fantastique).
Le
titre, pourtant traduit fidèlement de l'anglais, est trompeur;
l'illustration au contraire - une jolie fille assez exotique et très
dénudée entre les mains d'un dieu de pierre - correspond bien à
l'esprit de ces 19 récits, cocktails d'humour et d'horreur,
d'érotisme
et de surnaturel à doses variables. Non seulement l'auteur américain
ne s'interdit pas de reprendre les thèmes traditionnels (pari avec
le diable surtout) et les personnages célèbres (Sade, Casanova),
mais il fait même des emprunts à des contemporains (James Hilton,
pour Shangri-La, la vallée de l'éternelle jeunesse d'Horizons
perdus) : et pourtant, il transmute tous ces minerait, en son alliage
personnel, dont l'effet général est une ironie cruelle ; l'amour
notamment n'est jamais chez lui synonyme de bonheur et
d'épanouissement, mais d'illusion (Un goût de ciel sur l'île de
l'Enfer) ou de vice qui comporte inéluctablement des châtiments
aussi variés que raffinés - peut-être parce que, comme le montre
le Mortel et la déesse, le plus beau et le plus viril des hommes ne
peut satisfaire Vénus, ce pour quoi elle est condamnée à errer
éternellement sur Terre pour le plaisir de nos instants et le
chagrin de notre vie.
Description:
Appelez-moi un exorciste, de Jérome Bixby (n° 560, série Fantastique).
Le titre, pourtant traduit fidèlement de l'anglais, est trompeur; l'illustration au contraire - une jolie fille assez exotique et très dénudée entre les mains d'un dieu de pierre - correspond bien à l'esprit de ces 19 récits, cocktails d'humour et d'horreur, d'érotisme et de surnaturel à doses variables. Non seulement l'auteur américain ne s'interdit pas de reprendre les thèmes traditionnels (pari avec le diable surtout) et les personnages célèbres (Sade, Casanova), mais il fait même des emprunts à des contemporains (James Hilton, pour Shangri-La, la vallée de l'éternelle jeunesse d'Horizons perdus) : et pourtant, il transmute tous ces minerait, en son alliage personnel, dont l'effet général est une ironie cruelle ; l'amour notamment n'est jamais chez lui synonyme de bonheur et d'épanouissement, mais d'illusion (Un goût de ciel sur l'île de l'Enfer) ou de vice qui comporte inéluctablement des châtiments aussi variés que raffinés - peut-être parce que, comme le montre le Mortel et la déesse, le plus beau et le plus viril des hommes ne peut satisfaire Vénus, ce pour quoi elle est condamnée à errer éternellement sur Terre pour le plaisir de nos instants et le chagrin de notre vie.