C’est
ainsi un portrait étonnamment pitoyable de l’humanité que propose l’auteur,
dans lequel les valeurs de l’époque, la représentation des individus et des
sociétés, enfin les conventions romanesques sont constamment malmenées.
Pourtant, il n’y a nul pessimisme dans l’attitude de l’auteur, mais au
contraire une sorte de jubilation destructrice.
Dans cet ouvrage, le narrateur, un légaliste incorruptible, lutte contre
une Impératrice ayant usurpé le trône de l’Atlantide, Phorenice, et corrompu
l’ensemble du pays. La puissance de Phorenice vient de ce qu’elle refuse
l’ordre établi de toute éternité dans l’Atlantide, qu’elle abat les anciens
Dieux, qu’elle massacre l’armée puissante des Prêtres, qu’elle blasphème à tout
moment, et qu’elle impose l’anarchie à tous les niveaux de la société. Mais
plus elle blasphème, plus elle se révèle un être exceptionnel et
fascinant : de femme du peuple, elle devient noble, impératrice, grande
prêtresse, fille des dieux puis déesse elle-même. Elle manipule et écrase ses
adversaires, s’empare de façon mystérieuse des pouvoirs occultes des prêtres.
Son pouvoir est si grand, qu’il paraît affecter le monde entier, les monstres
marins se multiplient, des espèces animales meurtrières apparaissent de nulle
part pour réduire à néant les colonies les plus prestigieuses (celles-là mêmes
qui étaient restées fidèles aux valeurs anciennes – prouvant la vanité de tout
légalisme), et les éléments enfin engloutissent l’Atlantide sous les eaux,
réduisant à néant l’Empire de Phorenice, mais parachevant paradoxalement son grand
projet de destruction des règles et des normes de l’Atlantide. Car l’ascension
de Phorenice est une mise en cause de toutes les fondations de la civilisation
atlante : elle réduit à néant la culture, la religion et les liens sociaux
sur lesquels reposait l’Empire. Les Dieux paraissent favoriser cette figure du
chaos, celle, précisément, qui les blasphème ; comme s’ils
l’accompagnaient dans son projet destructeur, ils lui donnent les pouvoirs
occultes réservés à ses adversaires, les prêtres qui soutenaient les Dieux
contre elle : tout se passe comme si les Divinités antiques elles-mêmes
souhaitaient engloutir l’Atlantide, contre leurs propres prêtres, et
s’engloutir dans ce même mouvement
Description:
Phorenice, et le roman comme force de chaos.
C’est ainsi un portrait étonnamment pitoyable de l’humanité que propose l’auteur, dans lequel les valeurs de l’époque, la représentation des individus et des sociétés, enfin les conventions romanesques sont constamment malmenées. Pourtant, il n’y a nul pessimisme dans l’attitude de l’auteur, mais au contraire une sorte de jubilation destructrice.