"Coupables",
le titre du second recueil, pourrait presque s'écrire à la forme
interrogative. Les quinze histoires de crimes qui s'y suivent sont vues
de l'intérieur, au plus près des protagonistes et de leurs mobiles : les
responsabilités se déplacent, se chevauchent, se brouillent. Un juge
feint de croire qu'une femme battue a pu seule tuer le mari qui menaçait
de violer leur fille. Un homme laisse pour mort un ancien partenaire de
son épouse avec qui il pratiquait l'échangisme. Une gamine brise la vie
d'un homme en l'accusant sans raison d'attouchements : "Un caprice de
fillette, rien de plus." Pas de pathos, pas d'effets de manches : la
langue est sobre jusqu'à la froideur sans, pourtant, que les récits
perdent en humanité. Témoin les premières lignes de "Fête communale", la
nouvelle qui ouvre le livre : "C'était des hommes ordinaires, exerçant
des métiers ordinaires : représentant en assurances, concessionnaire
automobile ou ouvrier - rien à leur reprocher." Des hommes "normaux",
dit von Schirach, qui violent un jour une jeune fille avant d'être
acquittés faute de preuves. Leurs deux jeunes avocats sortent sonnés de
leur victoire : "Nous savions que, plus jamais ! les choses ne seraient
simples." "A.D.N." est la deuxième nouvelle du recueil.
Ferdinand von Schirach est un cas à part dans la littérature allemande contemporaine, un objet non exactement identifié. Il y fait son entrée sur le tard : lorsqu'en 2009 paraît son premier livre, Crimes, il a 45 ans et s'est déjà fait une solide réputation au barreau de Berlin en plaidant dans des affaires très médiatisées. Avocat en vue et écrivain de talent, une gageure ? Le recueil de nouvelles (coup de coeur du Point à la Comédie du livre de Montpellier) reçoit un accueil dithyrambique et se classe rapidement parmi les meilleures ventes outre-Rhin, avant d'être vendu et traduit partout dans le monde. Un an plus tard, nouvel opus : Coupables, et nouveau succès. Von Schirach y fait le récit d'affaires dignes tantôt des polars les plus acrobatiques, tantôt d'une terrifiante banalité.
Description:
"Coupables", le titre du second recueil, pourrait presque s'écrire à la forme interrogative. Les quinze histoires de crimes qui s'y suivent sont vues de l'intérieur, au plus près des protagonistes et de leurs mobiles : les responsabilités se déplacent, se chevauchent, se brouillent. Un juge feint de croire qu'une femme battue a pu seule tuer le mari qui menaçait de violer leur fille. Un homme laisse pour mort un ancien partenaire de son épouse avec qui il pratiquait l'échangisme. Une gamine brise la vie d'un homme en l'accusant sans raison d'attouchements : "Un caprice de fillette, rien de plus." Pas de pathos, pas d'effets de manches : la langue est sobre jusqu'à la froideur sans, pourtant, que les récits perdent en humanité. Témoin les premières lignes de "Fête communale", la nouvelle qui ouvre le livre : "C'était des hommes ordinaires, exerçant des métiers ordinaires : représentant en assurances, concessionnaire automobile ou ouvrier - rien à leur reprocher." Des hommes "normaux", dit von Schirach, qui violent un jour une jeune fille avant d'être acquittés faute de preuves. Leurs deux jeunes avocats sortent sonnés de leur victoire : "Nous savions que, plus jamais ! les choses ne seraient simples." "A.D.N." est la deuxième nouvelle du recueil.
Ferdinand von Schirach est un cas à part dans la littérature allemande contemporaine, un objet non exactement identifié. Il y fait son entrée sur le tard : lorsqu'en 2009 paraît son premier livre, Crimes, il a 45 ans et s'est déjà fait une solide réputation au barreau de Berlin en plaidant dans des affaires très médiatisées. Avocat en vue et écrivain de talent, une gageure ? Le recueil de nouvelles (coup de coeur du Point à la Comédie du livre de Montpellier) reçoit un accueil dithyrambique et se classe rapidement parmi les meilleures ventes outre-Rhin, avant d'être vendu et traduit partout dans le monde. Un an plus tard, nouvel opus : Coupables, et nouveau succès. Von Schirach y fait le récit d'affaires dignes tantôt des polars les plus acrobatiques, tantôt d'une terrifiante banalité.