« Comme il en faut du temps pour devenir Cendrars ! Surtout lorsque le hasard vous fait naître à La-Chaux-de-Fonds, canton de Neuchâtel, un 1er septembre 1887. Toujours à contre-pied, souvent à contre-voie, il ment comme il écrit. Pas politiquement correct, le lascar ! Sa vie, contradictoire, fallacieuse, escamotée ou enjolivée, est aussi difficile à saisir que la boule de mercure au creux de la paume. Mais le vrai goût du XXe siècle, âcre et astringent, il est peut-être le seul à nous l'avoir restitué. Cendrars Blaise, profession orpailleur du temps qui passe, le plus moderne d'entre tous. »
À l'approche du cinquantenaire de la disparition de Cendrars, Patrice Delbourg rend hommage à cet acrobate de la prose et de la vie. Le reporter, le poète, le romancier (Moravagine, L'Or), le poilu, le « one manchot » (La Main coupée), le cinéaste raté, l'aventurier revivent au gré des chapitres de cette Odyssée Cendrars, de A comme Alfa Roméo (celle qu'il a achetée à Braque et qu'il pilote d'une main, au Brésil, en 1924), à Z comme Zone, le poème-phare d'Apollinaire, auquel La Prose du transsibérien (1913) dispute l'invention du vers libre. Sans oublier les autres lettres de l'alphabet : Bourlingue, Fabulateur, Grand reporter, Helvétie, Kodak, Paname, Sauser (son véritable patronyme), Utopie et même Xénophobie, dont les soupçons existent dans son oeuvre… qui figurera par erreur en 1941 dans la « liste Otto » des écrivains juifs à proscrire.
Revue de presse
Cette vie de bougeotte enflammée décida le jeune Freddy Hauser à s'inventer, à New York, en 1912, le pseudonyme Blaise Cendrars qui consonne avec la braise et les cendres, les deux versants de sa cyclothymie, l'enthousiasme et la noire tristesse. Patrice Delbourg, poète, romancier, la détaille dans un essai qui se lit avec jubilation parce que c'est ainsi qu'il est écrit, passionnément. Comment un auteur participant à cette fête des mots joueurs que sont "Des Papous dans la tête", sur France Culture, aurait-il pu narrer une oeuvre aussi neuve et incendiaire que celle de Cendrars autrement qu'en 26 brefs chapitres formant un portrait à la Picasso, coloré, post-cubiste, mobile comme son modèle ? Euphorisé, on a le sentiment de parcourir avec un bon compagnon qui les connaît mieux que vous une vie et une oeuvre indistinctement mêlées par le grand brassage des arts vivants et visionnaires, si caractéristique de la première moitié du XXe siècle, peinture, cinéma, art nègre, jazz, réclame, journaux, photos, vitesse, tohu-bohu urbain. (Michel Contat - Le Monde du 15 octobre 2010)
» Cendrars, unique sujet du dictionnaire concocté par Patrice Delbourg : d'«Alfa Romeo» à «Zone», il nous conte l'odyssée de l'homme à la main coupée, «un sacré one-manchot». Délaissant la chronologie, il bourlingue dans la vie et les textes de l'auteur de «Moravagine», rendant hommage à son style... (Sylvie Prioul - Le Nouvel Observateur du 14 octobre 2010)
Description:
« Comme il en faut du temps pour devenir Cendrars ! Surtout lorsque le hasard vous fait naître à La-Chaux-de-Fonds, canton de Neuchâtel, un 1er septembre 1887. Toujours à contre-pied, souvent à contre-voie, il ment comme il écrit. Pas politiquement correct, le lascar ! Sa vie, contradictoire, fallacieuse, escamotée ou enjolivée, est aussi difficile à saisir que la boule de mercure au creux de la paume. Mais le vrai goût du XXe siècle, âcre et astringent, il est peut-être le seul à nous l'avoir restitué. Cendrars Blaise, profession orpailleur du temps qui passe, le plus moderne d'entre tous. »
À l'approche du cinquantenaire de la disparition de Cendrars, Patrice Delbourg rend hommage à cet acrobate de la prose et de la vie. Le reporter, le poète, le romancier (Moravagine, L'Or), le poilu, le « one manchot » (La Main coupée), le cinéaste raté, l'aventurier revivent au gré des chapitres de cette Odyssée Cendrars, de A comme Alfa Roméo (celle qu'il a achetée à Braque et qu'il pilote d'une main, au Brésil, en 1924), à Z comme Zone, le poème-phare d'Apollinaire, auquel La Prose du transsibérien (1913) dispute l'invention du vers libre. Sans oublier les autres lettres de l'alphabet : Bourlingue, Fabulateur, Grand reporter, Helvétie, Kodak, Paname, Sauser (son véritable patronyme), Utopie et même Xénophobie, dont les soupçons existent dans son oeuvre… qui figurera par erreur en 1941 dans la « liste Otto » des écrivains juifs à proscrire.
Revue de presse
Cette vie de bougeotte enflammée décida le jeune Freddy Hauser à s'inventer, à New York, en 1912, le pseudonyme Blaise Cendrars qui consonne avec la braise et les cendres, les deux versants de sa cyclothymie, l'enthousiasme et la noire tristesse. Patrice Delbourg, poète, romancier, la détaille dans un essai qui se lit avec jubilation parce que c'est ainsi qu'il est écrit, passionnément. Comment un auteur participant à cette fête des mots joueurs que sont "Des Papous dans la tête", sur France Culture, aurait-il pu narrer une oeuvre aussi neuve et incendiaire que celle de Cendrars autrement qu'en 26 brefs chapitres formant un portrait à la Picasso, coloré, post-cubiste, mobile comme son modèle ? Euphorisé, on a le sentiment de parcourir avec un bon compagnon qui les connaît mieux que vous une vie et une oeuvre indistinctement mêlées par le grand brassage des arts vivants et visionnaires, si caractéristique de la première moitié du XXe siècle, peinture, cinéma, art nègre, jazz, réclame, journaux, photos, vitesse, tohu-bohu urbain. (Michel Contat - Le Monde du 15 octobre 2010)
» Cendrars, unique sujet du dictionnaire concocté par Patrice Delbourg : d'«Alfa Romeo» à «Zone», il nous conte l'odyssée de l'homme à la main coupée, «un sacré one-manchot». Délaissant la chronologie, il bourlingue dans la vie et les textes de l'auteur de «Moravagine», rendant hommage à son style... (Sylvie Prioul - Le Nouvel Observateur du 14 octobre 2010)