Traité du Sublime

Boileau & Longin

Language: French

Published: Mar 19, 1674

Description:

Ce traité, dont le nom en grec est Perí Hypsous, est l’un des plus importants traités antiques de critique littéraire, avec la Poétique d’Aristote. Il nous en manque un quart environ.

Contre la rhétorique cicéronienne, il rejette la conception purement technique du classicisme qui proposait des recettes stylistiques, réduisant ainsi au « style sublime » la notion de sublime.

Celle-ci est pour l’auteur du traité « l’écho d’une grande âme », la substance de grandes idées conçues par un esprit créateur, et non leurs formules figées et imitables. Sa conception du « sublime » n’est d’ailleurs en fait pas très précise (élévation de la pensée ou des sentiments, ou force de l’expression, ou éclat des images, ou puissance de l’effet dû à la composition), et elle a pu faire l’objet d’interprétations divergentes chez les commentateurs depuis la Renaissance (par exemple chez Boileau et La Harpe).

Le texte est construit sous une forme épistolaire, dont la partie finale est perdue : celle-ci devait probablement contenir des considérations sur la liberté de parole, similaires à celles que Tacite expose dans son Dialogue des orateurs.

Le traité est dédié à Posthumius Terentianus, personnage dont on connait peu de chose, à part qu’il devait être un personnage public romain d’une certaine culture. Il constitue un recueil d’exemples littéraires, de plus de 50 auteurs répartis sur plus de 1000 ans, dont certains sont attendus, comme Homère, et d’autres très inhabituels pour cette époque, comme la Genèse. Pour un Grec de l’époque, il est d’ailleurs dénué de préjugé national, et compare Cicéron et Démosthène en dégageant impartialement leurs qualités propres.

Postérité du Traité

Redécouvert à partir de sa première impression par Robortello, le Traité du sublime fut très estimé à partir de la Renaissance.

La littérature baroque ayant rouvert le débat sur le sublime, le Traité devient au XVIIe siècle d’une actualité brûlante, et Boileau en fit une traduction en 1674, qui contribua à inscrire le Traité dans l’histoire de la critique littéraire. Le Traité jouira d’un large succès jusqu’au XIXe siècle, et continue de nourrir la pensée européenne jusqu’à nos jours.