Ce
cahier vert devenu gris m'accompagne depuis presque trente ans. Dans ses
pages s'est écrit un journal intermittent. Il constitue une sorte de filet
qui a recueilli bien des événements, bien des pensées et l'absence même de
mise en forme en dit peut-être plus long qu'un récit élaboré. J'y suis telle
que dans ma vie et l'origine de mes romans, de mes poèmes est là. Avec des
trous, des manques, des portions de temps curieusement absentes mais là
encore, ces absences parlent. Les romans et les poèmes en ont pris le relais.
Quelques-unes de mes rencontres y figurent, au moins allusivement, même celle
de René Char qui fut si capitale et si tumultueuse que seul un roman, Les
Amantes, put en traduire l'âpre douceur.
Relisant ces pages intouchées, j'y ai retrouvé de façon limpide le fil de
ma vie qui est la vie d'un écrivain telle que je la conçois pour moi,
singulièrement, c'est-à-dire dans un certain retrait et dans la confrontation
incessante avec la perturbation magnifique de la vie amoureuse.
J. F.
Description:
Relisant ces pages intouchées, j'y ai retrouvé de façon limpide le fil de ma vie qui est la vie d'un écrivain telle que je la conçois pour moi, singulièrement, c'est-à-dire dans un certain retrait et dans la confrontation incessante avec la perturbation magnifique de la vie amoureuse.
J. F.