La zone grise

Primo Levi

Language: French

Publisher: Payot

Published: Jan 8, 2014

Description:

Primo Levi évoque avec méticulosité dans cet entretien, qui frappe par la richesse de ses idées et de ses réflexions, la précision de ses récits, les camps mais sans jamais poser au spécialiste, exprime des jugements sur Bettelheim et sur les livres qu’il a consacrés au camp, et de manière plus générale sur la littérature de déportation. Çà et là quelques détails inédits, mais surtout, Levi offre une description de la « zone grise ». Sous ce nom il renvoie à la réalité des camps – aux conditions de vie concrètes des détenus : ce concept a choqué car il s’agit avant tout d’un discours sur le pouvoir : la zone grise atteste de la singularité de la domination totalitaire telle qu’elle se réalisait dans les camps. « Complicité », « arrangements » sont là des manières de ne jamais relâcher la pression sur les déportés. Les nazis, pour administrer les camps, employaient le moins de personnel allemand possible pour compromettre les prisonniers qui accomplissaient ces fonctions et qui en retiraient quelques menus privilèges. « Les nouveaux arrivants au camp, jeunes ou pas, avaient appris immédiatement qu’entre les oppresseurs et les opprimés, il existait une zone ambiguë, habitée par des opprimés privilégiés qui, dans des proportions plus ou moins grandes, collaboraient avec l’oppresseur. » Si la notion de « zone grise » est devenue un concept général pour décrire des logiques de pouvoir parmi les dominés, on ne saurait oublier sa provenance : l’horreur des camps. Le livre se compose d’une préface de Carlo Ginzburg, « Calvino, Levi et la zone grise », d’une note de Federico Cereja, « L’œuvre de Levi comme témoignage historique », du dialogue entre Primo Levi, Anna Bravo et Federico Cereja et d’une postface d’Anna Bravo : « Sur la zone grise »

From the Back Cover

En 1983, Primo Levi s'entretient avec deux historiens, Anna Bravo et Federico Cereja, et revient sur son expérience des camps. Il se penche notamment sur la zone grise, cette bande aux contours mal définis « qui sépare et relie à la fois les deux camps des maîtres et des esclaves » et dont la classe hybride des prisonniers fonctionnaires est « l'ossature et l'élément le plus inquiétant ». Il s'agit de témoigner de cas précis pour comprendre et de comprendre pour mieux juger. Primo Levi le fait avec son style net et précis dont l'équivoque est à jamais bannie.

Précédé d'une importante préface de Carl Ginzburg, et d'une note de Federico Cereja, l'entretien de Primo Levi est suivi d'une postface d'Anna Bravo : ces textes forment un ensemble incomparable pour aborder une des questions les plus délicates de l'historiographie des camps.

Ils offrent aussi un véritable viatique pour les femmes et les hommes que ne rebute pas la complexité du mal.

About the Author

Primo Levi n’a cessé toute sa vie durant d’accorder des entretiens, ne cessant ainsi de répondre à l’injonction qui avait commandé l’écriture de Si c’est un homme. Par devoir : celui d’expliquer, de rapporter « sans raconter d’histoires » de dire et de redire pour comprendre.