« La graisse, ce n’est ni de l’âme, ni
du corps, ni de la chair, ni de l’esprit, c’est ce que fabrique le corps fatigué ! » Ainsi parle Lichtenberg. On pourrait en dire autant de la pensée :
la pensée grasse, c’est ce que fabrique l’esprit fatigué, il continue de
produire, mais il produit du gras !
Une œuvre peut s’élaborer par accumulation ou
par épurement. Il y a ceux qui construisent des systèmes par ajouts successifs,
et ceux qui épurent jusqu’au fragmentaire… Ce sont encore deux formes d’écriture :
celle qui agglomère et élabore des ensembles par complexité croissante et celle
qui au contraire disperse, attentive aux détails. Le travail de Jean
Baudrillard porte aujourd’hui sur le détail, le fragmentaire, dans l’écriture
avec l’aphorisme ou dans la photographie.
Le détail qui n’est pas le déchet : dans
le détail, chaque chose est parfaite… Ainsi la photo : pris dans son
ensemble le monde est bien décevant, mais chaque détail du monde pris dans sa
singularité est parfait ; il n’y a pas à chercher à le parfaire, puisqu’il
l’est déjà ! S’attacher au détail, c’est aussi contester l’idée que toute
chose s’accomplirait dans son évolution : la fleur est parfaite, le fruit
aussi, mais il ne l’est pas plus que la fleur, sous le prétexte qu’il en
réaliserait les potentialités…
Penseur iconoclaste de renommée mondiale, Jean
Baudrillard a publié de nombreux ouvrages dont La Pensée radicale (2001),
Cool memories (4 volumes parus entre 1995 et 2000), L’Échange
impossible (1999) ou encore La Société de consommation (1986). François
L’Yvonnet est philosophe et journaliste.
Description:
« La graisse, ce n’est ni de l’âme, ni du corps, ni de la chair, ni de l’esprit, c’est ce que fabrique le corps fatigué ! » Ainsi parle Lichtenberg. On pourrait en dire autant de la pensée : la pensée grasse, c’est ce que fabrique l’esprit fatigué, il continue de produire, mais il produit du gras !
Une œuvre peut s’élaborer par accumulation ou par épurement. Il y a ceux qui construisent des systèmes par ajouts successifs, et ceux qui épurent jusqu’au fragmentaire… Ce sont encore deux formes d’écriture : celle qui agglomère et élabore des ensembles par complexité croissante et celle qui au contraire disperse, attentive aux détails. Le travail de Jean Baudrillard porte aujourd’hui sur le détail, le fragmentaire, dans l’écriture avec l’aphorisme ou dans la photographie.
Le détail qui n’est pas le déchet : dans le détail, chaque chose est parfaite… Ainsi la photo : pris dans son ensemble le monde est bien décevant, mais chaque détail du monde pris dans sa singularité est parfait ; il n’y a pas à chercher à le parfaire, puisqu’il l’est déjà ! S’attacher au détail, c’est aussi contester l’idée que toute chose s’accomplirait dans son évolution : la fleur est parfaite, le fruit aussi, mais il ne l’est pas plus que la fleur, sous le prétexte qu’il en réaliserait les potentialités…
Penseur iconoclaste de renommée mondiale, Jean Baudrillard a publié de nombreux ouvrages dont La Pensée radicale (2001), Cool memories (4 volumes parus entre 1995 et 2000), L’Échange impossible (1999) ou encore La Société de consommation (1986). François L’Yvonnet est philosophe et journaliste.