Nous émergeâmes de l'enfer végétal comme on sort de l'eau après une
longue immersion. Haletants, étourdis, aveuglés par la clarté du plein
jour, ruisselants d'une sueur âcre, mâchés de piqûres et bouffis de
fatigue, mais bien vivants, et détenteurs du plus grand secret de
l'histoire des hommes de Terres Centrales.
Critique de Eric Sanvoisin :
Cocons débute par les horreurs du
bagne et une description sans fioritures de l'univers des mines
carcérales. Ce monde se nomme Totarra : terre d'asile et d'enfermement,
souvent à perpétuité. Janyl Alban y séjourne deux ans et demi. Mais le
jeune homme a de la chance. Autrefois, un secret lui est échu au hasard
d'un voyage que la Corporation lui propose de monnayer contre sa
liberté. Il accepte, n'ayant pas le choix.
Le
voilà parti avec quelques compagnons pour une tragique expédition dans
les terres du Sud, à la recherche des cocons, ces choses inconnues dont
les fibres guérissent les plaies mortelles mais dont l'action
régénératrice a des conséquences épouvantables comme Janyl le découvrira
incidemment.
Cocons signe
l'apparition d'un auteur prometteur qui semble faire ses premières
armes à l'occasion de cette publication. Son écriture variée, parfois
maladroite, son style vivant, son histoire bondissante, ses personnages
silhouettés encore grossièrement laissent présager d'intéressants romans
à venir. On est certes loin de l'œuvre irréprochable, du rôti de mots
ficelé professionnellement, mais Philippe Guy manifeste de nombreuses
qualités.
Cocons est un roman agréable à lire, l'intrigue se révélant suffisamment maîtrisée pour entraîner le lecteur jusqu'au bout.
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