Le pays De L'absence

Christine Orban

Language: French

Publisher: Albin Michel

Published: Jan 27, 2011

Description:

Revue de presse  : Elle travaille par petites touches carminées, par effleurement de plume. Décrit la récurrence de symptômes qui pèsent sur l'entourage, les enfantillages, les plages d'absence. Elle note : "Ton esprit saute, comme les plombs, brutalement, et c'est l'obscurité. Les études, les enfants, les livres, tu t'en fiches ou bien ils retiennent ton attention quelques secondes au prix d'un effort que l'on ne peut plus te demander." C'est une étrange douleur que de voir partir au pays du silence l'être humain dont on est issu. Christine Orban la donne à sentir avec sensibilité, une singulière douceur, et l'on peut supposer que ce livre-miroir rencontrera une audience à la mesure du problème social passé en lamelles sous le microscope d'une romancière. (Marc Lambron - Le Point du 13 janvier 2011 ) À partir d'un sujet grave et terriblement d'actualité, la maladie d'Alzheimer, Christine Orban signe un roman très personnel... Toutefois, malgré le portrait sans concession d'un être pour qui la frivolité fut un mode de vie, la tendresse, l'humour et même parfois la poésie sont au rendez-vous... Malgré la souffrance, la peur de la déchéance, l'incommunicabilité définitive entre une mère et sa fille, Christine Orban rend au bout du compte un hommage poignant à cette mère qui l'aime et qu'elle aime malgré tout. Une femme qui, avec ses blessures cachées et ses extravagances passées et présentes, apparaît à la fois déstabilisante et touchante. (Blaise de Chabalier - Le Figaro du 27 janvier 2011 ) En esthète malgré tout, Christine Orban soigne la forme : d'une construction en apparence linéaire, son livre est subtilement travaillé, avec, en contrepoint du récit, des retours sur les blessures passées et les crève-coeur, des commentaires cruels aussi. L'écriture fluide donne une impression de facilité, d'évidence. Alors qu'elle est le résultat d'une difficile plongée au fond de soi. Par ce témoignage intime - chagrin, honte, amour, jeunesse enfuie, relation mère-fille... -, Orban a, en quelque sorte, ­déblayé pour ses lecteurs un terrain encombré. Avec sa sincérité abrupte et son élégance désespérée, elle ne théorise rien, elle dit «je» et touche à l'universel. Une performance. (Catherine Schwaab - Paris-Match du 27 janvier 2010 ) Soudain, l'héroïne prend conscience qu'elle va devoir apprendre à déchiffrer cet autre monde, ce «pays de l'absence» dans lequel sa mère a basculé. Comprendre cette maladie, jamais nommée dans le récit. Admettre que les rôles sont désormais inversés, elle sera la tutrice de cette mère redevenue enfant. Défilent alors les souvenirs d'une vie qui s'efface. Images d'une femme d'un autre âge, vouée à la séduction, à l'apparat, à la photo sur papier glacé. Elle voulait sa fille pareille à elle, ne comprenait pas son goût pour l'étude, la lecture. C'est contre elle que la narratrice s'est construite. Malgré leurs différences, elle a pourtant voulu lui ressembler pour s'en faire aimer. «Je suis en équilibre entre ce que je suis et ce que tu es», constate Christine Orban dans ce qui s'avère une lettre d'amour, malgré ses grincements douloureux. (Claire Julliard - Le Nouvel Observateur du 27 janvier 2011 ) Présentation de l'éditeur Elle attend avec une certaine inquiétude sa mère qui vient de Casablanca pour les fêtes de Noël. Depuis un certain temps, elle a d’étranges oublis et des manies bizarres comme prétendre que son petit singe en peluche est un animal vivant. Elle a certes toujours été capricieuse et coquette, flottante et frivole, aimant le bridge et les soirées où les hommes l’entouraient, ne connaissant rien des responsabilités, mais les symptômes qu’elle présente dès son arrivée à Paris ne permettent plus de fuir la vérité. Sa mère est atteinte de la maladie d’Alzheimer, et assez fine pour tenter d’en masquer certains traits trop voyants. Comment garder calme et patience, comment lui manifester tendresse et confiance quand son comportement est de plus en plus aberrant ? Elle ne sait plus où elle est, a perdu la notion du temps, répète en boucle les mêmes phrases puis se reprend et se rebelle. Comment vivre face à ce naufrage qui inverse les rôles ? La fille devient la mère, la mère redevient une petite fille. Mais en réalité, Christine a toujours protégé sa mère : elle n’a jamais eu d’enfance et ce qu’elle contemple n’est que le long acheminement d’une relation conflictuelle qui l’a piégée toute sa vie.Un livre pudique et émouvant sur les relations mère-fille à cet âge de la vie où tout s’inverse, où les émotions à vif replongent dans les souvenirs d’enfance, où les manquements, les défaillances maternels sont analysés en regard de ce qu’on est devenu. Récit intime autant que témoignage, il explore sans pathos, avec des mots justes et simples, l’impuissance devant un être aimé qui sombre dans l’absence.