Mandingo: roman

Kyle Onstott

Language: French

Publisher: Robert Laffont

Published: Oct 14, 1975

Description:

Richard Wright, nous apportant ce livre qu’il se proposait de présenter lui-même au public français, nous disait en 1960 : « Mandingo est le plus étonnant de tous les livres écrits sur l’esclavage. Surtout : c’est le seul vrai. Il faut absolument qu’il soit connu en France. » Peu après, Richard Wright disparaissait ; mais déjà, lu et accepté avec enthousiasme, Mandingo, entre les mains de son traducteur, Joachim-Francis Roy, avait commencé sa vie française. Le voici qui apparaît enfin au grand jour.

Cela se passe dans les années 1830, en Alabama. Falconhurst, la plantation des Maxwell, père et fils, est une ferme modèle, un haras dont la réputation dépasse les limites du canton. Le bétail y est bien traité, gras et musclé à souhait que l’on emmène à la Nouvelle-Orléans où « ces damnés Français » payent si cher les beaux spécimens. Et ce sont vraiment de beaux spécimens que les nègres de Falconhurst : polis, obéissants, endurcis aux travaux des champs ou rompus au service domestique. Ils savent dire : « Oui, Maître », « Oui, Maîtresse » et déférer aux moindres désirs de leurs propriétaires. Moyennant quoi, ceux-ci leur accordent tous leurs soins. Levés les premiers, ils ne se couchent que lorsque tous les nègres ont eu leur content de nourriture. Et s’ils assistent aux ébats amoureux de leurs esclaves, c’est par conscience professionnelle ; pour être bien sûrs de la qualité des produits qu’ils vendront. Le droit de cuissage existe aussi, et les Maxwell font des mulâtres à leurs négresses car les « jaunes » font prime sur tous les marchés de la région. L’ennui c’est qu’ils ont du « sang humain », ce qui crée chez eux une fâcheuse propension au marronnage et, quand ils sont très blancs, la possibilité horrible de « passer la ligne ».

Rien de tout cela n’est heureusement à craindre avec les Mandingues, race de nègres immenses, harmonieux et forts, dont la fidélité est à toute épreuve. C’est pourquoi Hammond Maxwell s’achète, à la première occasion, un Mandingue qui devient vite le champion des combats de gladiateurs à mains nues qui se jouent tous les samedis, à la taverne du village voisin. Mais en même temps que du Mandingue, Hammond a fait l’acquisition d’Ellen, une quarteronne sensible et douce qu’il préfère bientôt à Blanche, son épouse. Une aura de malheur commence à s’étendre sur la plantation. Entre la cuisinière noire, Lucrèce Borgia, qui, à force de servilité finit par dominer ses maîtres, le jeune Oméga, valet de chambre de Hammond qui éprouve pour son maître des sentiments bien troubles, Ellen, Blanche Maxwell, et Ganymède le Mandingue, une étrange danse de mort s’engage. Quelque chose se détraque dans l’ordre établi de la violence. Sueur, sang et sexe se mêlent en un ballet qui culmine dans une apothéose sinistre, digne d’Euripide.