Zodiac

Graysmith,Robert

Language: French

Publisher: Éditions du Rocher

Published: Jul 28, 2014

Description:

Entre décembre 1968 et octobre 1969, un sériai killer masqué surnommé «Zodiac» terrorisa la ville de San Francisco. Revendiquant trente-sept meurtres - dont une partie seulement est avérée -, il manipula les médias avec des menaces, des avertissements et d'étranges messages codés qui déroutèrent les spécialistes en cryptographie du FBI. Puis, aussi soudainement qu'ils avaient commencé, les meurtres cessèrent. Le Zodiaque disparut dans les brumes de la baie de San Francisco pour toujours, anonyme et impuni.
Après plus de trente ans de recherches et une longue et éprouvante enquête, le journaliste Robert Graysmith est parvenu à découvrir la véritable identité du Zodiaque. En se fondant sur des preuves accablantes, il dévoile la vie tourmentée de cet homme qui se transforma en monstre sadique. Il explique également pourquoi il s'arrêta soudain de tuer. Un des plus grands mystères de l'histoire criminelle des États-Unis est enfin résolu.

Le réalisateur David Fincher (Seven, Fight Club, Panic Room...) a adapté l'ouvrage de Robert Graysmith dont il a fait le héros de son nouveau film, Zodiac, sur les écrans français en mai 2007.

Extrait

Zodiaque

Dimanche 4 juillet 1971

Le visage de Starr était partout. Dans le showroom illuminé, sa face ronde se reflétait sur le cuivre du compas, sur les flancs vernis du chris-craft, sur le sol sombre impeccablement ciré, sur l'accas­tillage en laiton tout autour de lui, reproduite en une centaine d'exemplaires par la surface polie des roulements d'arbres d'hélice. L'immense vitrine lui renvoyait l'image grandeur nature de sa silhouette massive. Finalement, le showroom a fermé. On a éteint les lumières et Robert Hall Starr est parti. Il s'est dirigé d'un pas pesant vers le parking. Son ombre immense se découpait dans la nuit d'été. Tout en marchant, il cherchait d'une main la clé d'une de ses nombreuses voitures. Un cliquetis au fond de sa poche trahissait la présence d'autres clés avec lesquelles il pouvait ouvrir bien des voitures qui ne lui appartenaient pas.
Au fond du parking, Starr apparaissait comme une forme vague - perceptible un instant dans la lumière du plafonnier de la Volvo. Il se glissa derrière le volant, mit le contact et se faufila habilement dans le trafic. Peu de temps après, il parvenait à Vallejo, une petite ville comme il y en avait tant d'autres en Californie, baignant dans la chaleur suffocante de la nuit estivale, bordée par les squelettes noirs des grues et les silhouettes trapues des vaisseaux et des entrepôts. La masse sombre de Mare Island surplombait le détroit et des voiliers flottaient comme des traînées huileuses sur la baie de San Pablo. Les feux d'artifice éclairaient brièvement le ciel. Les pétards crépitaient comme des tirs de mitrailleuse. L'odeur de poudre saturait l'air. San Francisco se trouvait à une cinquantaine de kilomètres, Oakland à une trentaine, et au nord s'étendaient les vallées fertiles du Wine Country sur les comtés de Napa et de Sonoma.
Vallejo était l'endroit rêvé pour un homme qui disposait de tant de véhicules. L'Interstate 80, la plus grande route traversant le pays d'une côte à l'autre, coupait les faubourgs en deux portions égales. Les routes California 29 et 37 et l'Interstate 680 s'insinuaient comme des veines jusqu'au coeur de la ville. Vallejo occupait une position stratégique entre San Francisco et la capitale de l'Etat - là où le fleuve venu de Sacramento rejoint la baie, là où l'eau salée accueille l'eau douce.