Alors
même que la crise n’a pas encore épuisé ses développements propres, la crise
financière s’est déjà dépassée d’elle-même. Elle s’est dépassée économiquement
en une récession meurtrière. Elle s’est dépassée politiquement car le
dérèglement financier finit par apparaître pour ce qu’il est vraiment : le
symptôme d’un dérèglement d’une toute autre nature et d’une toute autre
échelle. C’est un modèle d’ensemble qu’une sorte de « catalyse par les
points extrêmes » rend d’un coup visible, et surtout odieux. Comment la
société a-t-elle pu tolérer si longtemps de tels niveaux d’inégalités ? Pourquoi
a-t-il fallu atteindre le point d’obscénité de l’enrichissement de la finance
pour produire enfin une mise en question ? Quelles forces ont œuvré si
longtemps à installer et défendre pareille configuration du capitalisme ?
Et
aussi, maintenant, quelles sont les voies de sortie, à quelles transformations
radicales faut-il procéder ? Le livre fait des propositions. De la refonte
totale des structures bancaires en un « système socialisé du crédit »
jusqu’au desserrement des deux contraintes qui écrasent le salariat – celle de
la rentabilité actionnariale et celle de la concurrence internationale sans
rivage –, il s’agit de saisir l’opportunité historique d’une « nouvelle
donne », seule à même de dénouer une crise sociale extrême.
Frédéric
Lordon est directeur de recherche au CNRS : ses travaux portent sur le
capitalisme financiarisé. Il développe également un programme de recherche
spinoziste en sciences sociales. Il intervient ponctuellement dans les pages du
Monde diplomatique et à l’antenne de France
Inter, dans l’émission de Daniel Mermet, La-bàs
si j’y suis.
Description:
Alors même que la crise n’a pas encore épuisé ses développements propres, la crise financière s’est déjà dépassée d’elle-même. Elle s’est dépassée économiquement en une récession meurtrière. Elle s’est dépassée politiquement car le dérèglement financier finit par apparaître pour ce qu’il est vraiment : le symptôme d’un dérèglement d’une toute autre nature et d’une toute autre échelle. C’est un modèle d’ensemble qu’une sorte de « catalyse par les points extrêmes » rend d’un coup visible, et surtout odieux. Comment la société a-t-elle pu tolérer si longtemps de tels niveaux d’inégalités ? Pourquoi a-t-il fallu atteindre le point d’obscénité de l’enrichissement de la finance pour produire enfin une mise en question ? Quelles forces ont œuvré si longtemps à installer et défendre pareille configuration du capitalisme ?
Et aussi, maintenant, quelles sont les voies de sortie, à quelles transformations radicales faut-il procéder ? Le livre fait des propositions. De la refonte totale des structures bancaires en un « système socialisé du crédit » jusqu’au desserrement des deux contraintes qui écrasent le salariat – celle de la rentabilité actionnariale et celle de la concurrence internationale sans rivage –, il s’agit de saisir l’opportunité historique d’une « nouvelle donne », seule à même de dénouer une crise sociale extrême.
Frédéric Lordon est directeur de recherche au CNRS : ses travaux portent sur le capitalisme financiarisé. Il développe également un programme de recherche spinoziste en sciences sociales. Il intervient ponctuellement dans les pages du Monde diplomatique et à l’antenne de France Inter, dans l’émission de Daniel Mermet, La-bàs si j’y suis.